Jeudi dernier je suis allée voir PLACEBO en concert. Mais si, t'sais les gros pédés avec le batteur tout blond et tatoué! Ah, ça y'est, tu situes? Ok, allons-y donc.
Strasbourg, 17H: Nous prenons place dans la file d'attente avec l'amie Marie. Comme d'hab on critique, on chante, pour le plus grand bonheur des voisins, on parle de BRIII et on gratte discrètement sur le côté pour se retrouver parmi les vingt premiers de la file. Ouais on est des sales connasses mais les gens nous ont rien dit... Comment ça c'est pas une raison?
Le temps se rafraichit, Aurélie et Adrien nous rejoignent, puis tout doucement les portes s'ouvrent, mais quand je dis tout doucement, c'est vraiment tout doucement... Les filles et les garçons séparées pour les fouilles, forcément, y'a approximativement 1000 fois plus de filles que de garçons, avec le même effectif de vigiles pour chacun, c'est à dire une personne pour chaque file... Je te laisse imaginer la scène.
On attend, on chantonne joyeusement Speak in Tongues: « Oooh oooh.. Ohhh ohooo.. » pendant que les allemandes à côté trépignent comme des connasses à coups de « houuu » intempestifs et de gigotages hystériques. Deux claques dans ta gueule ça ira?
Non, bon, EXPATRIATE entre en scène, ça va, c'est cool. Bon, forcément, la première partie de Placebo passe à la trappe neuf fois sur dix, ça s'écoute mais bon au bout de 5 chansons on s'impatiente et on a hâte que ça finisse...
Ca finit, puis ça installe le matos de PLACEBAL, les allemandes sont plus chiantes que jamais en faisant des coucou au staff, consterné, et en dansant au rythme des tests de guitares... Soite.
21H plus ou moins pétantes, la lumière s'éteint, ça hurle. Intro avec une éclipse gigantesque sur un drap blanc. Le truc rigolo étant que vu que c'est Placebo, tu te dis que le drap va tomber tout seul par je ne sais quels moyens pyrotechniques de folie... Mais non t'as un gus en bas du rideau qui tire dessus pour qu'il tombe et qui court comme un con pour le ramasser!
FOR WHAT IT'S WORTH ouvre le bal, j'aime assez ce titre, mais je me retiens de ne pas chanter Pour c'que ça vaut à la place. (« J'ai pô d'amis, j'ai pô d'amaiin! ») Ensuite, les habituels ASHTRAY HEART (« Senseo, senseo! ») et BATEULE FAURE DEUX SEUNE.
J'hérite d'un gus qui hurle les « paroles » revisitées à sa sauce, quelle chance, j'ai subitement envie de mourir. SOULMATES m'arrache une larme, SPEAK IN TONGUES, on vocalise: « ooohooo... ooh ohoo », Heureusement que Bri assure l'animation bien-être: « Ça me rend conscience de moi même, ok? » COPS je m'endors.. Bon les gars, c'est pas qu'on s'ennuierait mais presque!
Gagné, vlà t'y pas le combo EYEM/BREATHE UNDERWATER pour réveiller les masses somnolentes. Ça marche qu'à moitié, m'enfous, on rigole bien. Mais bon, du côté du groupe, ça s'amuse pas des masses on dirait, dites-le si on vous dérange les gars, on ira voir Christophe Maé à la place !
La setlist manque de cohérence, faudrait m'expliquer l'intérêt de l'intermède BIWY/20 YEARS réorchestrés, tout comme BLIND... C'est là que ça coince, je dirais. Il faudra s'y faire, Placebo ne joue plus d'anciens titres, mais bon on a vite fait le tour avec les deux derniers albums, autant je les aime bien, autant c'est de loin pas ce qu'ils ont fait de mieux... Du coup on se coltine MEDS, encore. Des morceaux qu'on a entendu mille fois depuis la dernière tournée, je me demande comment ils font eux-même pour pas se faire chier à jouer toujours les mêmes...
STSG, bizarrement, passe très bien et réveille même la foule, moi y compris qui baillait sévère. Dommage, c'est déjà le premier rappel. BRIGHT LIGHTS.. La chanson la plus niaise de tout Placebo, presque pire que I Do. On rajoute des choeurs et on fait hurler les guitares, et voilà ça sonne Placebal, et ça passe pas trop mal. Et bam, dans ta gueule, SPECIAL K (j'ai jamais autant hurlé de ma vie.) et THE BITTER END. Les tubes quoi.
C'est tellement la routine, on s'ennuie, mais en même temps on est contents, du coup c'est assez bizarre comme sentiment. Deuxième rappel, une nouvelle chanson, TRIGGER HAPPY. Un bon rythme, à réécouter en bonne qualité, les paroles ça a pas l'air d'être ça non plus. INFRA-RED, puis le gros moment ou à chaque fois, mon cœur défaille quand j'entends les premières notes: TASTE IN MEN. Alors là on oublie tout et on saute et on pleure de joie, ou presque. Dommage, c'est fini, un coucou de la main, un salut collectif, et on se casse, la lumière se rallume. Bon bah y'avait marqué 1H45, on nous aura pas menti.
Globalement un ressenti mitigé, bien moins bon que l'Olympia en juin. J'ai passé un bon moment parce que ça reste Placebo et que je trippe toujours autant de les voir, mais putain, rendez-nous le Placebo qu'on aime... Là on est en face d'employés qui font leur boulot, rien de plus. Aucun sentiment qui déborde, aucun laisser-aller, rien.. Des morceaux qui s'enchainent (mal, en plus) mais ça ne suffit malheureusement pas à faire un bon concert. Placebo seraient-ils morts? Leurs meilleurs morceaux sont condamnés à ne plus jamais prendre place sur une setlist, alors qu'à la place on se tape des Bright Lights et des Bitter End. Soit, il semblerait effectivement que l'amère fin ne soit pas loin...